Marc Tarabella - Député Européen - Bourgmester d'Anthisnes

"Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut pas savoir où il va" Antonio Gramsci

Graines rares et anciennes : Kokopelli condamné, la biodiversité en danger

Graines rares et anciennes : Kokopelli condamné, la biodiversité en danger

Marc Tarabella Député Européen
    Tribune

Vous ne le savez peut-être pas, mais en Europe, il n'est plus possible de vendre des semences anciennes, rares, originales. Seuls les produits standardisés, formatés, homogènes sont autorisés. J'exagère ? Jugez plutôt.

L'association Kokopelli a été condamnée à payer à l'entreprise Graines Baumaux 100 000 euros de dommages-intérêts pour concurrence déloyale.

Cet arrêt a été rendu le 12 juillet dernier par la Cour de justice de l'européenne. Le tort de Kokopelli ? Proposer, sous diverses formes, des semences (légumes, épices…) non inscrites au catalogue officiel, sorte de cadre légal défini par une directive européenne.

Depuis dix ans, l'association distribue plus de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Ces semences reproductibles participent à l'autonomie alimentaire des peuples des pays en développement.

Selon la Cour de justice de l'européenne, le catalogue officiel est la norme. Cela veut dire que pour qu'une semence y figure, elle doit répondre à toute une série de critères et être « homogène » (plantes identiques). Et tout le problème est là : par essence, les variétés anciennes ne sont pas homogènes. Elles ne seront jamais appelées à figurer dans le catalogue et sont donc, dans l'esprit de cette directive, interdites à la vente.

Logique productiviste

Cette vision des choses me pose un réel problème. A mes yeux, la Commission européenne doit être cohérente : elle ne peut d'un côté promouvoir cette directive et, d'autre part, clamer à qui veut l'entendre qu'elle défend la diversité et les particularités.

Même économiquement, je doute qu'il y ait une réelle viabilité à restreindre le nombre de semences et, par conséquent, le « champ » commercial.

Comme c'est souvent le cas au niveau européen, la logique est au tout à la productivité, au secteur industriel au détriment des autres types de développements agricoles. Il ne faut pas limiter l'accès au marché à des groupes dont le seul intérêt est économique. Il est déterminant de faire modifier cette directive afin d'assurer le maintien de la biodiversité. Il nous faut donc agir, et pour cela il y a deux axes : le combat au niveau européen bien sûr, mais aussi au niveau local.


Une fleur d'artichaut (Andreas/Flickr/CC)

La résistance à l'échelle locale et européenne

Les pouvoirs locaux, communes et municipalités, peuvent jouer le rôle de plateforme d'échanges entre citoyens et associations qui veulent promouvoir la biodiversité.

Le maire de Grigny, dans le Rhône, René Balme, a ainsi choisi de désobéir et d'acheter des graines interdites à Kokopelli, et de les distribuer le 29 septembre à la population et aux participants du colloque sur la désobéissance (co-organisé avec Paul Ariès, directeur du Sarkophage).

Au niveau européen, en tant qu'eurodéputé en charge de la défense des consommateurs mais aussi de l'agriculture, j'ai interpellé la Commission européenne afin qu'elle s'exprime sur ce dossier.

Je lui demande :

  • Est-elle consciente que cette dérive nuit gravement à la biodiversité que, par ailleurs, elle déclare vouloir protéger ?
  • A-t-elle listé les conséquences d'une telle position ?
  • Estime-t-elle nécessaire de revoir le prescrit de la directive concernée ?

Lorsque le commissaire aura répondu officiellement d'ici la fin septembre, il restera aux députés nationaux, mais aussi et surtout européens, de lancer le débat politique européen autour de cette thématique avec pour but d'endiguer cette directive nocive.

Et si l'intérêt général passe avant l'intérêt particulier de quelques grandes entreprises, nul doute que nous aurons alors gain de cause... mais cela ne se fera pas sans une grande mobilisation politique et citoyenne. Le combat ne fait que commencer.

Congé maternité : Non à la discrimination !!!


Le vote qui a eu lieu ce midi fera date dans l'histoire des droits fondamentaux des mères et des pères européens. C'est une empreinte d'humanité que nous avons laissée dans le sol européen.

Cependant, suite à ce vote, j'ai entendu et lu beaucoup de choses. La discrimination, tacite ou effective est toujours bien présente.

Extraits choisis

L'éloignement la femme du monde du travail ?


D'abord je rappelle que la moyenne des congés maternité en Europe est déjà de 20 semaines. La Suède propose aux mamans jusque 300 jours, le Danemark 52 semaines, les Britanniques 39 semaines.

Ensuite, 20 semaines, il s'agit d'une durée minimale de congés accordables à la femme qui travaille. Donc à elle de choisir si elle veut les utiliser ou pas. On constate que des femmes se découragent de retourner travailler précisément parce qu'elles trouvent qu'elles n'ont pas assez de temps avec leur bébé.  Peut-être aussi cela incitera des femmes à postuler, se disant que la maternité et le travail peuvent aller de paire. Oui, maternité et travail ne doivent pas s'exclure.


Mais vous vous rendez compte, passer de 14 à 20 semaines comme c'est long ?

Oui, 6 semaines de plus en effet. Mais je vais vous confier 2 choses. D'abord, en France, une majorité de femmes (88%) prennent de leurs congés normaux, ou pire, des congés maladie pour allonger leurs congés maternité... ca fait réfléchir...

Et puis autre chose, si le Parlement Européen avait voté un seuil minimal de congés normaux ou congés de rôles de 45 jours, est ce que quelqu'un aurait râlé ou est-ce que ca aurait coupé le travailleur du monde du travail ? Pourquoi cela couperait-elle la femme du monde du travail alors ?


Mais ce n'est pas pareil, la femme souffre de discrimination !

En effet et c'est quelque chose qu'il faut combattre, je n accepte pas qu'une question qui est quelquefois posée en entretien soit « Comptez vous avoir des enfants prochainement ? ». Je trouve cela scandaleux. Il faut gommer la discrimination tout en respectant chacun.  Une de mes missions au Parlement européen est de veiller à ce que hommes et femmes soient traités sur un pieds d'égalité. Et traiter les gens de la même manière, c'est chercher le plus grand commun dénominateur, pas le plus petit.

Mais attaquons-nous au vrai problème celui de la discrimination :  rabaisser la durée du congé maternité pour lutter contre la discrimination à l'embauche envers les femmes, ce serait comme inciter les entreprises à ne pas embaucher de gens de couleur pour lutter contre le racisme !


Mais où va-t-on trouver l'argent ? C'est la crise !

Elle a bon dos la crise. Des entreprises virent des milliers de personnes parce que c'est la crise alors qu'elles engrangent  des milliards de bénéfices. Il y a deux jours, on parlait de la taxe sur les transactions financières qui pourrait amener de l'argent. L'Angleterre râle parce que le congé maternité va lui coûter de l'argent alors que son budget militaire est plus haut de 3% comparé à 2007.


Et précisément, en temps de crise, heureusement qu'il reste la famille comme endroit de refuge dans la morosité ambiante.

Alors oui cela a un coût, comme celui d'acheter un arbre que vous plantez dans votre jardin mais quelques années plus tard vous vous rendez compte que ce coût n'était rien comparé à ce que rapportent les fruits.

Une possibilité pour la femme d'avoir 20 semaines et pour l'homme d'avoir 10 jours, cela permet d'accueillir le bout de chou dans un confort plus grand et dans de meilleures conditions. On parle beaucoup des parents mais c'est aussi bien pour le bébé. Quoiqu'il en soit si la naissance du 1er se passe bien, c'est plus tentant d'en faire un 2eme. Et honnêtement , l'Europe en a besoin. En France, ils s'inquiètent pour savoir qui payera leur retraite, un peu partout en Europe d'ailleurs. Et ca se comprend, il y a 10 pays européens où il y a plus de gens qui meurent que de gens qui naissent. dans le même temps la natalité baisse dans la plupart des pays européens. Moins de natalité, c'est une Europe qui va droit dans le mur.


Conclusion :

Le vote qui a eu lieu ce midi fera date dans l'histoire des droits fondamentaux des mères et des pères européens.


Le Parlement, par ce vote, a voté oui à plus d'humanité. Il n'y a pas eu de rabais à propos de droits fondamentaux. Un congé maternité plus confortable et la création d'un congé paternité, ce sont aussi des combats pour une société un peu plus humaine alors que la famille est, de plus en plus, le dernier rempart face aux tourments de la vie  !

L'Europe des politiques n'est plus l'Europe des citoyens ou quand des footballeurs millionnaires font grève

 

L'Europe des politiques n'est plus l'Europe des citoyens ou quand des footballeurs millionnaires font grève



Plus que jamais l'Europe des politiques n'est plus l'Europe des citoyens, les courants régionalistes grandissants en sont une conséquence directe. L'Europe en souffre gravement !


Pourquoi ? parce que nous, les politiques, nous mettons totalement hors-jeu !


Comment expliquer aux gens qu'on préfère annuler nos rendez-vous avec des ong qui luttent contre la faim dans le monde pour recevoir un joueur de football, qui plus est remplaçant, comme un prince. Et ce, le jour où deux millions de personnes manifestent leur désarroi dans les rues de France à propos des retraites ?


Si j'avais été arbitre, j'aurais pu donner la jaune. Mais voilà qu'il y a 5 jours, un entraineur de football répond en urgence à des questions dans le cadre d'une enquête parlementaire...

Y avait-il eu mort d'hommes, licenciement massif, pollution environnementale, un attentat terroriste ? 

Non ! juste une équipe de foot qui perd et un entraineur qui ne tend pas la main à son homologue sud-africain, comme un président qui ne tend plus la main à ses concitoyens.


Et si dans le monde, il n'y avait pas que des footballeurs millionnaires puérils et même pas patriotes ; s'il y avait des gens perdant leur emploi, s'inquiètant de ne peut être pouvoir payer des études à leurs enfants ; des gens à la retraite qui ne savent pas comment se chauffer pendant l'hiver ou comment remplir leur assiette la dernière semaine de chaque mois


Mais si,  ces gens existent, et pas seulement en période électorale.


Et quand certains viendront partager leurs tracas avec moi, que devrais-je leur répondre ? D'aller apprendre à jouer au football ?

Désolé je ne conçois pas la politique comme cela.


Et vous pourriez me répondre qu'en Belgique, on est mal placé pour faire la morale. En effet, chez nous aussi, certains politiques ont oublié le citoyen. A défaut d'équipe de foot pour faire oublier les vrais problèmes, certains de nos politiques ont fait tomber le gouvernement, et ce, juste dans le cadre d'une opération marketing !


Et vu la situation socio-économique dans laquelle ils sont, ils n'ont guère de raisons de faire la ola. Et nous les politiques, prenons soin de privilégier l'efficacité au spectacle, de mouiller le maillot et de rester crédible aux yeux de nos citoyens !

Préservons-nous des propos inconséquents et agissons!

Les paroles prononcées par le pape Benoît XVI sont assassines. Affirmer que l'on ne peut régler « le problème du sida avec la distribution de préservatifs » et qu' « au contraire leur utilisation aggrave le problème » relève d'une casuistique douteuse, dérangeante et condamnable.


Si Benoît XVI n'était qu'un vieil homme célibataire et vierge de toute expérience sexuelle, de tels propos seraient à ranger dans le catalogue des inepties mais, issus de la bouche d'un chef d'Eglise et d'Etat, cela relève non pas de l'irresponsabilité mais d'une réflexion coupable.


Il faut aujourd'hui que toutes les voix sensées se fassent entendre et affirment haut et fort que ce pape se trompe; qu'il n'y a pour l'instant, qu'un seul moyen efficace de lutter contre la propagation du sida, c'est d'utiliser le préservatif !


En tant que Ministre de la Jeunesse, je rappelle à toutes les Maisons de Jeunes qu'elles bénéficieront d'un subside de 750 € si elles s'engagent à installer chez elles un distributeur de préservatifs.


Voilà ma contribution.


Préservons-nous des propos inconséquents et agissons!