"Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut pas savoir où il va" Antonio Gramsci
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Barack Obama assiste à la levée du corps de l'ambassadeur américain en Libye (Jawal Samad/AFP)
Barack Obama est condamné à apporter une réponse militaire à un problème politique. La semaine de violence anti-américaine dans le monde musulman met le président des Etats-Unis, en pleine campagne électorale, face au risque de « cartérisation », du nom de Jimmy Carter qui a perdu les élections de 1981 à cause de la prise d'otages de l'ambassade américaine à Téhéran et de l'opération de sauvetage ratée.
Obama était il y a peu le Président qui avait réussi à éliminer Oussama Ben Laden, tournant la page noire du 11 septembre 2001 ; il est aujourd'hui vulnérable sur sa politique étrangère, alors que les Etats-Unis sont la cible d'une vague de violences qui a vu des missions diplomatiques prises d'assaut et la bannière étoilée brûler.
Sa seule chance est que son rival républicain, Mitt Romney, est un « serial gaffeur », et que sa crédibilité en politique étrangère est proche de zéro. Ça ne l'empêchera pas de saper l'image d'Obama en s'appuyant sur les images humiliantes des derniers jours.
Barack Obama avait commencé son mandat, il y a près de quatre ans, par une offensive de charme en direction du monde arabe et musulman, et même de l'Iran, avec l'ambition de faire oublier les années Bush, celles de l'invasion de l'Irak, de Guantanamo et de l'arrogance de la « seule superpuissance ». On allait pouvoir aimer de nouveau l'Amérique dans le monde arabo-musulman...
Cette stratégie a échoué, d'abord parce que cette main tendue l'était en direction de régimes qui ont été renversés (Tunisie, Egypte) ou sérieusement contestés par leurs peuples (Iran) sans que la diplomatie américaine (pas plus que la française) ne l'ait vu venir.
Ensuite parce que la perception de la nature de la puissance américaine n'a pas changé, malgré la bonne image initiale d'Obama. Guantanamo est toujours ouvert en dépit des promesses du candidat démocrate, les bavures de l'armée américaine en Afghanistan ont accentué son image de force d'occupation, et l'administration Obama n'a pas réussi à faire avancer d'un pouce le dossier israélo-palestinien.
Ce triple échec provoque une déception palpable dans le reste du monde, mais était compensé, au sein de l'opinion américaine, par le désengagement relatif réussi d'Irak, la promesse de départ d'Afghanistan, et surtout le succès du « commander -in chief » face à Ben Laden. Personne n'a oublié la photo culte d'Obama suivant l'opération de ses commandos au Pakistan sur une batterie d'écrans dans la « situation room » de la Maison Blanche...
Patatras, l'assaut salafiste contre le consulat américain à Benghazi, dans lequel un ambassadeur a trouvé la mort pour la première fois depuis plus d'un quart de siècle, suivi de la vague d'attaques dans une vingtaine de pays, a mis à mal cette belle construction.
Barack Obama est aujourd'hui sur la défensive sur trois fronts.
1Barack Obama est condamné à une riposte militaire, même si celle-ci n'a aucun sens stratégique. Tout comme Bill Clinton avait fait tirer des missiles sur une usine de Khartoum (Soudan) en 1998 en représailles à l'attentat contre l'ambassade des Etats-Unis à Nairobi (Kenya), Obama est sous pression pour agir.
Or l'ennemi est d'abord politique, et ne sera pas détruit par une salve de missiles ou par des éliminations d'individus. Mais pour rétablir son image de « commander in chief » qui ne se laisse pas intimider par une nébuleuse terroriste, le Président-candidat va devoir réagir de manière visible aux yeux des Américains.
L'arrestation de salafistes en Libye ou en Tunisie ne suffira évidemment pas à montrer aux électeurs américains que l'honneur de l'Amérique est lavé.
Le risque est toutefois qu'une opération militaire dérape comme en Iran, se trompe de cible comme au Soudan, ou simplement... ne serve à rien.
La nature des relations entre les Etats-Unis et ses alliés du monde arabe est également en jeu : Obama a été jusqu'à dire que l'Egypte n'était plus un allié des Etats-Unis, avant que la Maison Blanche ne rétropédale rapidement.
2Ebranlée par les événements des derniers jours, l'autorité de Barack Obama est aussi directement visée par Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, à propos du nucléaire iranien.
S'immisçant directement dans la campagne électorale américaine, avec un Romney qui a pris des positions outrageusement pro-israéliennes, Netanyahou a mis au défi Obama de tracer des « lignes rouges » aux Iraniens sur le nucléaire militaire.
Le président des Etats-Unis n'est pas tombé dans le piège qui vise à l'entraîner dans des actions militaires automatiques contre l'Iran, a refusé net, provoquant une crise avec le chef du gouvernement israélien dont il se serait bien passé en période électorale.
Netanyahou et Obama ne se verront pas lors du prochain voyage du premier ministre israélien à l'Assemblée générale de l'ONU, à New York, et la tension entre les deux hommes est palpable.
Le chef du gouvernement israélien veut frapper militairement l'Iran pour retarder son acquisition de l'arme nucléaire, mais doit en convaincre sa coalition et ses chefs militaires réticents, et il doit décider s'il passe outre les objections américaines, comptant sur un soutien « automatique » des Etats-Unis en cas de représailles iraniennes.
Cette gestion quasi publique d'un enjeu majeur de guerre ou de paix gêne évidemment Obama au moment où il sillonne le pays en campagne.
3Au cœur de ce débat, la place de l'Amérique dans le monde, et la hantise du déclin.
Après avoir gagné la guerre froide, avec la disparition de leur rival soviétique, les Etats-Unis ont connu une période de puissance inégalée dans le monde, économique, militaire, et même idéologique avec la victoire supposée du libéralisme.
Cette période a été finalement très courte, au regard de l'histoire, prenant fin symboliquement en 2001 avec l'attentat du 11 Septembre, l'engagement dans des guerres coûteuses et ingagnables, et finalement la crise des subprimes de 2008 venant sanctionner une économie surendettée.
Barack Obama a été élu en 2008 sur la promesse de redresser l'économie, de réconcilier l'Amérique avec le monde, et de redonner sa place à la puissance américaine dans un monde nouveau, marqué par l'émergence des géants chinois, indien, brésilien...
Sur ce triple engagement, Obama peut montrer des signes positifs, mais certainement pas le succès qu'il espérait. Et les images de Benghazi ou de Tunis sont venues ternir un bilan en demi-teinte.
Placé sur la défensive par la frange la plus extrémiste du monde musulman, Barack Obama n'a que quelques semaines pour sauver son bilan, et ne pas laisser Mitt Romney ancrer dans la tête des Américains que le président sortant n'est qu'un Carter-bis qui n'aura pas su restaurer l'honneur de la bannière étoilée.
Pierre Haski pub. by M.Tarabella
"Quand Sarkozy parle d'un 'Buy European Act' comme s'il avait réinventé l'eau chaude, c'est un peu risible", a commenté l'eurodéputé belge Marc Tarabella (PS), en réaction aux propositions du président-candidat français.
"Ca l'est d'autant plus quand on rappelle que son groupe politique vote au Parlement européen toutes les mesures de libre échange possibles". Nicolas Sarkozy a plaidé dimanche pour que l'Europe se dote d'un "Buy European Act" sur le modèle du "Buy American Act", autrement dit une législation donnant la préférence aux entreprises produisant en Europe pour les contrats publics.
M. Tarabella, qui vient d'être désigné rapporteur dans un projet de réglementation des marchés publics, défend l'idée d'un accès réciproque aux marchés publics. Lire aussi "Sarkozy a parlé aux électeurs du Front national" Hollande accuse Sarkozy d'avoir fait de l'Europe "un bouc émissaire" "L'Europe ouvre ses frontière et permet aux entreprises du monde entier de proposer leurs services en europe.
Cependant, en utilisant leurs propres règles, elles déséquilibrent le marché et mettent en danger les entreprises européennes. Je fais partie de ceux qui réclament depuis plusieurs années la mise en place du 'juste échange' basé sur les principes de réciprocité, d'équilibre et de respect des règles sociales et environnementales internationales", fait-il valoir.
"Quand Sarkozy parle donc d'un 'Buy European Act' comme s'il avait réinventé l'eau chaude, c'est un peu risible. Ca l'est d'autant plus quand on rappelle que son groupe politique vote au Parlement européen toutes les mesures de libre échange possibles", ajoute l'eurodéputé.
Et de conclure: "dimanche, Sarkozy a été un peu socialiste avec le BEA, un peu frontiste avec Schengen, centriste aussi par moment mais populiste à chaque instant".
Le vote qui a eu lieu ce midi fera date dans l'histoire des droits fondamentaux des mères et des pères européens. Pour Marc Tarabella, Eurodéputé socialiste, "Il s'agit d'une réelle victoire. Les droits fondamentaux des mères et des pères du monde entier n'ont pas été bradés. C'est une empreinte d'humanité que nous avons laissé ce midi dans le sol européen"
La décision prise ce midi au Parlement Européen est d'octroyer 20 semaines payables à 100% aux mamans et faire de ce qui était la moyenne européenne la règle. Les papas ne sont pas en reste et obtiennent 2 semaines à 100%.
Sur le même thème, j'écris pourtant un coup de gueule aussi. Cependant certaines assimilations, certaines idées reçues ont encore la dent dure et explique nombre de propos des detracteurs de ce vote.
La bataille n'est pas gagnée, mais je ne m'excuserai pas de vouloir me battre pour les droits fondamentaux
Mon coup de gueule sur le même thème ICI
Scène désolante de racisme ordinaire en Flandres : reconduite à la frontière d'un clandestin wallon par deux policiers flamands
... le Wallon avait pourtant fait un effort d'adaptation !

Alors après on pourra dire qu'il ne faut pas en rire...on aurait peut-être raison.
Ce qui se passe en Belgique m'affecte. Je ne ferai pas ici un billet politique mais force est de constater que la situation de crise, voulue par certains, lasse les gens, décrédibilise la politique et ne peut qu'affaiblir la démocratie.
Tant de gens sont dans la précarité, inquiets pour leur avenir, se demandent comment finir le mois. Tant de dossiers doivent être traités (les pensions, la santé, les finances, la dette publique, etc etc).
Et quand on allume la télévision pour regarder le journal, on se demande si certains politiques ne vivent pas dans un monde parallèle.
Alors pourquoi ces quelques lignes dans la partie coup de coeur?
D'abord pour l'image irresistible. Mais aussi parce que, malgré cette médiocrité, nous sommes encore beaucoup à nous battre pour défendre les intérêts du citoyen.
Ne plus y croire, c'est faire le jeu des médiocres qui nous ont menés à cela.